Mes panneaux solaires produisent moins qu’avant : les causes possibles
Votre application de suivi affiche des chiffres plus bas que l’an dernier, ou votre chèque de revente d’électricité a diminué. Avant de conclure à une panne ou à une installation défectueuse, il faut savoir qu’une partie de cette baisse peut être normale. Une autre partie ne l’est pas. Tout l’enjeu est de faire la différence.
1. Les baisses normales
Le vieillissement des panneaux. Tous les panneaux perdent un peu de puissance avec le temps. Les études de terrain les plus larges situent cette perte autour de 0,5 % par an en moyenne, un peu plus dans les climats chauds comme le nôtre. Sur cinq ans, cela représente quelques pourcents, pas davantage. Si votre production a chuté de 15 % en deux ans, le vieillissement n’explique pas tout.
La météo d’une année sur l’autre. Aucune année ne ressemble exactement à la précédente. Un printemps pluvieux, un été voilé ou un automne gris se lisent directement sur votre compteur. En Provence, l’ensoleillement est relativement stable d’une année à l’autre, mais un écart de quelques pourcents reste courant. Comparer un mois de mai à un autre mois de mai n’a de sens qu’en tenant compte de la météo réelle de chacun.
La chaleur. Un panneau produit moins quand il chauffe. Les journées caniculaires de juillet et août ne sont pas les plus productives à ensoleillement égal ; le printemps l’est souvent davantage. Une baisse en plein été n’est donc pas forcément un signe de panne.
2. Les baisses liées à l’environnement
L’encrassement et les pluies de sable. Poussière, pollen, fientes d’oiseaux et, chez nous, les épisodes de sable saharien déposent un film sur le verre. Une étude menée au Portugal sur ce type d’épisode a mesuré une perte de quelques pourcents par dépôt, davantage quand les couches s’accumulent sans pluie franche pour les rincer. Une installation peu inclinée, rarement lavée par la pluie, est plus exposée. Attention : un nettoyage mal fait (eau calcaire, brosse dure, produit agressif) peut abîmer le traitement du verre et faire plus de mal que de bien.
Un ombrage apparu depuis la pose. Un arbre qui a poussé, une extension chez le voisin, une antenne, une cheminée remontée. Dans de nombreuses installations, les panneaux sont reliés en série : l’ombre sur un seul module peut faire chuter la production de toute une rangée. Un ombrage qui n’existait pas il y a cinq ans peut suffire à expliquer une forte baisse.
3. Les baisses qui signalent un problème technique
Un onduleur défaillant ou en fin de vie. L’onduleur est l’élément le plus sollicité de l’installation et, souvent, le premier à faiblir. Coupures répétées, messages d’erreur, ventilateur bruyant, production qui plafonne : ce sont des signes à prendre au sérieux. Sa durée de vie est généralement inférieure à celle des panneaux.
Un panneau ou une rangée hors service. Un connecteur oxydé, un câble abîmé par un rongeur, une diode défaillante dans un panneau : une partie de l’installation peut cesser de produire sans que rien ne soit visible depuis le sol. Sur une installation à plusieurs rangées, c’est l’une des causes les plus fréquentes de baisse brutale.
Un disjoncteur déclenché. Cela paraît évident, mais c’est courant : après un orage ou une coupure de courant, une protection ne s’est pas réarmée. Si votre production est tombée à zéro du jour au lendemain, commencez par vérifier le tableau électrique et le coffret de protection de l’installation.
L’onduleur qui se coupe à cause du réseau. Dans les zones où beaucoup de maisons injectent leur électricité sur la même ligne, la tension du réseau peut monter aux heures ensoleillées. L’onduleur se déconnecte alors automatiquement pour des raisons de sécurité, précisément au moment où il devrait produire le plus. Le problème ne vient pas de votre installation mais du réseau ; il se traite avec Enedis.
4. Les fausses baisses
Vous consommez davantage, vous injectez moins. C’est la confusion la plus fréquente. Si vous êtes en autoconsommation avec revente du surplus, et que vous avez installé une pompe à chaleur, une piscine ou une borne de recharge, vous consommez directement une plus grande part de votre production. Votre revente baisse, mais votre production totale n’a pas forcément changé. Il faut regarder la production de l’onduleur, pas seulement ce que vous vendez.
Le suivi qui ne remonte plus. Une box changée, un mot de passe wifi modifié, et l’application de suivi cesse de recevoir les données. Les chiffres affichés deviennent incomplets alors que l’installation fonctionne normalement.
5. Comment distinguer une baisse normale d’une vraie anomalie
Comparer votre production avec celle de l’an dernier ne suffit pas. Une année peut elle-même avoir été anormale, et la référence de départ peut être fausse.
La seule comparaison fiable consiste à confronter votre production réelle à ce que votre installation devrait produire chez vous : selon son orientation, son inclinaison, sa puissance, son environnement d’ombrage, et la météo réellement observée sur la période. Des outils publics comme PVGIS, développé par la Commission européenne, permettent une première estimation. Pour un diagnostic précis, il faut ensuite vérifier sur place ce que les chiffres ne montrent pas : rangées hors service, défauts d’onduleur, ombrages, état des connexions.
Concrètement, un écart de quelques pourcents par rapport au théorique relève souvent du normal. Un écart de 15 % ou plus, ou une chute brutale d’un mois à l’autre, mérite une vérification.
6. Ce que je peux faire
Je compare votre production réelle à un calcul théorique établi pour votre toiture, je contrôle l’installation sur place (panneaux, rangées, onduleur, protections, connexions) et je vous remets un rapport écrit avec la cause identifiée et ce qu’il faut faire. Si le problème se règle simplement, un réarmement, un nettoyage, un paramétrage, je vous le dis.
Parlons-en. Envoyez-moi vos relevés de production ou décrivez-moi la baisse constatée : je vous dirai si un contrôle est justifié.
06 30 78 02 97 · contact@energieverteprovence.com
